Le Magasin général Dumulon

Le premier magasin général de Rouyn-Noranda

    

Le magasin général Dumulon est le plus vieux lien avec le passé de Rouyn-Noranda. Il fut construit à l’été 1924 par la famille de Jos Dumulon, venue de Ville-Marie en canot en 1923. Ce sont les rumeurs concernant le potentiel minier de la région qui poussèrent Jos Dumulon à vouloir se lancer en affaires.  Ayant sauté rapidement sur l’occasion, son petit commerce devint rapidement le seul lieu d’approvisionnement indépendant en ville. Malheureusement, plusieurs facteurs, dont l’arrivée trop hâtive et le naufrage d’une des embarcations destinées à approvisionner le magasin en marchandises, poussa le magasin général à la faillite. 


Heureusement, le premier service de poste, alors établi dans le magasin, permit à la famille Dumulon de subsister. Celui-ci était alors dirigé par Agnès Dumulon, la femme de Jos Dumulon. Elle fut d’ailleurs une des premières femmes maîtres de poste au Canada. On déménagea toutefois le bureau de poste au centre-ville en 1933 et le magasin fut transformé en résidence, habitée jusqu’en 1973 par le fils de Joseph Dumulon, Léon, ainsi que sa femme et leurs onze enfants.


En 1976, le gouvernement fédéral décida de faire démolir la maison Dumulon. Léon Dumulon ainsi que plusieurs organismes, le Ministère des Affaires culturelles sont toutefois intervenus pour demander que la démolition soit annulée et que le site soit restauré.


C’est finalement le 19 septembre 1978 que la maison Dumulon fut officiellement classée site historique. En 1979, elle fut reconstruite selon la méthode originale. Il importe de rendre hommage à Léon Dumulon qui permit de faire vivre et revivre la pointe Dumulon. De 1973 jusqu’à son décès, le 7 décembre 1981, Léon Dumulon travailla sans relâche pour transformer le magasin général de sa famille en site d’interprétation historique. 

Église orthodoxe russe St-Georges

L'histoire de l'église orthodoxe russe St-Georges

  

Dès le début des années 1950, les communautés russes de la région et du Nord-est ontarien font une demande pour avoir un prêtre. C’est Feodor Ustustschenkow (prononcer UstutchenkoF) qui répondra à cette demande en 1953. C'est alors qu'il devient le prêtre des communautés de Val-d’Or, Kirkland Lake et Kearns. C’est lui qui dessinera les plans de l’église et qui coordonnera les travaux de construction. C’est aussi à cet homme qu’on doit les églises Orthodoxes de Val-d’Or et Kirkland Lake. La construction de l'église débutera en 1955 mais s’achèvera seulement en 1957. Sa construction sera principalement financée par une levée de fonds qui se fera auprès de l’ensemble de la population des villes de Rouyn et Noranda. Plusieurs entreprises sont mises à contribution, dont des entreprises de matériaux de construction ainsi que la mine Noranda qui fera un don de ciment pour la construction des escaliers. Les coûts de la construction de l’église s'élèvent à environ 30 000 $.


Le père Ustutschenkow décède la même année que la fin de la construction soit deux mois avant la première cérémonie. Il n’aura pas l’occasion d’officier dans son église. À la demande de la communauté de Val-d’Or, on fera venir le père David Shevchenko et c’est lui qui officiera dans les églises orthodoxes de Rouyn-Noranda, Val-d’Or, Kirkland Lake et Kerns jusqu'à sa mort en 1982. Suite à cela, les communautés feront la demande pour faire venir un troisième prêtre, mais elle sera refusée vu le nombre très peu élevé de pratiquants sur ce territoire, dont une dizaine à Rouyn-Noranda.


Durant les années 1970 les mines ferment les unes après les autres et beaucoup d’immigrants et leurs familles quittent la région en direction de l’Ontario ou retournent dans leur pays d’origine. D’autres facteurs motivent sans doute le départ des fros comme la volonté de rejoindre leur famille établie dans les grands-centres ou l’espérance de se soustraite au climat difficile de l’Abitibi-Témiscamingue. De plus, la loi 101 qui exige que le français soit désormais la langue du travail et qui limite l’accès aux écoles anglophone viendra accentuer ce mouvement de départ. Les immigrants ont appris l’anglais puisque c’était la langue du travail dans les mines et ont envoyé leurs enfants à l’école anglaise pour qu’ils puissent se trouver un bon travail une fois adulte. 


Finalement c’est la ville de Rouyn qui achètera l’église en 1984 pour un montant de 15 000 $. De 1984 à 1992, le sous-sol de l’église sera loué pour toutes sortes d’activités. Il servira comme local de pratique de musique ou comme entrepôt de décors pour une troupe de théâtre. C’est à l’été 1992 qu’auront lieu les premières visites guidées.